Du premier essai à la volonté de devenir écrivaine

La question à un million de pancakes : comment j'en suis venue à vouloir devenir écrivaine ? J'aimerais avoir une belle histoire pleine d'originalité, mais je crains qu'en la matière je sois somme toute très classique, bien loin de l'imagination qu'il faut quand on s'embarque pour ce beau métier !

Malgré ça... je vais quand même vous le raconter, parce que même si c'est commun, c'est toujours aussi un peu unique en même temps. :)

Découverte de la lecture

J'aimerais bien pouvoir dire que j'ai toujours aimé lire puis écrire, mais en réalité pas du tout. Quand je suis entrée au CP, j'ai pleuré dans les jambes de mon père en répétant que je n'arriverai jamais à apprendre à lire et écrire (façon de faire que j'ai gardée pour bien des choses, comme les lacets, certains sports... ou pour le Bac). En primaire, puis au début du collège, il n'y a pas eu un seul moyen de me faire lire une page sans que je n'y sois absolument forcée… jusqu'à ce que je rencontre une nouvelle professeur de français, en cinquième.

 

Tout a commencé avec le Faucon Malté, d'Anthony Horowitz, reprise du célèbre Faucon Maltais, de Dashiell Hammett (que je n'ai lu que des années plus tard d'ailleurs). Bon, on ne va pas se mentir, j'ai été obligée de le lire aussi, mais pour le coup ça m'a vraiment plu, et ce qui a fini de me convertir ensuite, c'est le fabuleux titre d'Agatha Christie : Mort sur le Nil. À partir de là, je me suis dit que lire ça pouvait être autre chose qu'une corvée pour l'école et que je pouvais aimer ça.

La première fois que j'ai voulu écrire

Ravie de cette merveilleuse découverte, j'ai voulu me procurer d'autres livres, que j'aurais moi-même choisi cette fois-ci, et c'est là que ma grand-mère m'a mis entre les mains son catalogue de France Loisir, en me disant que je pouvais prendre ce que je voulais, elle m'en faisait cadeau (toutes les grands-mères veulent que leurs petits enfants lisent, c'est sûrement génétique). Du haut de mes 13 ans, j'ai voulu prendre un vrai livre d'adulte (oublié la section jeunesse), et ai jeté mon dévolu sur un roman d'amour (le classique de la trentenaire qui repart à zéro après quelques catastrophes personnelles, on en a toute lu au moins un un jour je pense) : Un baiser, l'addition !, de Heather et Rose MacDowell. Je ne me risquerai pas à donner mon avis sur ce roman, parce que franchement, je ne suis pas sûre d'en avoir compris la moitié (à l'époque je veux dire). Je l'ai toutefois lu jusqu'au bout et je n'ai pas du tout aimé, surtout la fin (les deux héros ne finissaient pas ensemble, enfin c'est ce que j'avais compris, puisqu'en le relisant certains passages quelques années plus tard, j'ai réalisé que ça se finissait très bien en fait).

 

 

Et là... grand classique : comme ça n'allait pas du tout, je me suis dit que j'allais réécrire toute l'histoire pour que ça se passe comme j'en avais envie. J'ai donc acheté un magnifique cahier jaune (ma couleur préférée), format A4, et j'ai laborieusement commencé à tout réécrire, en ne modifiant que ce qui ne me plaisait pas. J'y ai passé des semaines, et si mes souvenirs sont bons je ne suis pourtant allée que jusqu'à la trente ou quarantième page, après quoi je me suis lassée. J'ai donc délaissé mon grand cahier jaune, j'en ai récupéré un plus petit (toujours jaune, évidemment), et je me suis mise à écrire une histoire de ma propre invention. Je possède toujours ce cahier, mais pour des raisons évidentes, liées au ridicule et aux fautes d'orthographes monstrueuses, personne ne le lira jamais.

Premiers romans puis les études

C'est donc à partir de ce moment là (nous nous situons au début ou au milieu de ma quatrième, approximativement), que j'ai décidé que j'allais écrire. Au collège, j'ai rédigé mon premier roman, si on peut appeler ça comme ça vu que j'y ai étalé toutes mes pensées les plus fleur bleue (et j'étais très très fleur bleue). Entre la troisième et la seconde, le deuxième : pas beaucoup mieux que le premier mais un peu moins pire quand même. Et ensuite a commencé une longue flopée d'années où j'ai démarrées beaucoup trop de choses et rien fini du tout (à cause du Bac, de la Fac, et des aléas personnels divers).

 

J'ai perdu quelques années d'écriture peut-être, mais j'ai surtout beaucoup mûri et appris, jusqu'à l'année 2019 où je me suis remise à écrire pour de bon. Mon mémoire rédigé et mon master en poche, me voilà libre de véritablement devenir une écrivaine ! Reste plus qu'à écrire... mais c'est une autre histoire, dont vous pourrez trouver les récits dans les autres pages du site. ;)

Mon parcours scolaire

Bien que j'ai su très jeune que je voulais écrire et que cette idée ne m'ait jamais lâchée, je ne pouvais pas juste tout plaquer dès mon bac obtenu. Donc... j'ai fait des études. Pendant cette longue période qui a durée six ans, j'ai eu mes hauts et mes bas, puisque comme je l'ai dit je n'ai jamais pu finir un projet pendant que j'obtenais vaillamment mes diplômes. Toutefois avec le recul, je sais que ça m'était nécessaire. J'ai beaucoup lu, tenté, expérimenté, accumulé des idées... je me suis formée et découverte en parallèle tout en élargissant considérablement ma culture littéraire.

Baccalauréat Scientifique, Sciences et vie de la terre

Eh oui Jamie ! Je n'ai pas fait de Bac littéraire comme on pourrait peut-être s'y attendre... quoi que, il y a des écrivain.e.s de tous horizons. Toutefois, pourquoi être partie vers les sciences ? Même si je savais déjà que je voulais écrire, je ne percevais pas ça comme un véritable métier et je n'avais aucune idée de ce que pourrait être mon "vrai métier".

 

Poussée par un vif intérêt pour la SVT et par un Papa qui m'a promis que si je choisissais d'aller en S, je m'ouvrais toutes les portes pour la suite... je me suis dit que c'était un bon deal. Alors, certes, j'ai détesté les Maths et la Physique et on a un peu frôlé la catastrophe en terminale... toutefois mon Papa ne m'avait pas menti, on peut aller un peu n'importe où après (en passant par l'Université du moins).

Licence de Lettres Modernes, option Cinéma

Une fois mon Bac S en poche, je suis partie tout droite... en Fac de Biologie ! En même temps c'est logique avec une option majeure Sciences et Vie de la Terre, non ? Eh bah si.

 

J'ai tenu trois semaine. Trois semaines d'angoisses, de matins déprimée, au bord des larmes, à me répéter : je vais y rester au moins cinq ans... je ne pourrais pas écrire pendant au moins cinq ans, sinon je n'aurais jamais mon diplôme. Cinq ans ! Avec des cellules, des molécules, des organismes, et des statistiques en plus aussi... 

 

Heureusement, mon Papa est intervenu face au désastre imminent. C'est lui qui m'a forcé à ouvrir les yeux : je n'étais pas faite pour la voie scientifique finalement. Ironiquement, la pilule était un peu dur à avaler pour l'un comme pour l'autre. Je pensais vivre dans les deux mondes, mais ça n'était pas possible, et en vérité, c'est comme si mon choix avait été fait depuis longtemps quelque part dans un coin de ma tête, il fallait juste que je l'assume.

 

Au bout de trois semaines donc, je suis partie en Lettres Modernes et j'ai choisie l'option Cinéma... parce qu'il ne restait que ça. J'ai enfin découvert ce que c'était de s'épanouir dans ce qu'on fait. Bon, j'avais du retard niveau culture littéraire mais rien d'insurmontable. Tous les cours n'étaient pas géniaux, il y a eu des hauts et des bas... enfin ça m'a changé la vie tout de même.

 

Je me suis formée et même si je n'ai rien fini j'ai eu le temps d'écrire, de cultiver mon imaginaire, de noter plein d'idée pour plus tard... de remplir beaucoup, beaucoup de carnets ! :D

 

J'ai mis quatre ans à valider ma licence en redoublant ma troisième année (j'évoquerais simplement des problèmes personnels), ce qui m'a permis de consacrer en partie ma seconde troisième année à l'écriture d'un roman pour un appel à texte, que vous pouvez retrouver intégralement sur mon blog. 

 

Je n'ai jamais lâché l'option de Cinéma (à la base pour éviter le latin, j'avoue) et j'ai découvert que j'adorais également le septième art (au-delà d'Amélie Poulain et Dirty Dancing).

Master Métiers du Livre et de l'Édition

Pour être parfaitement honnête, j'ai postulé pour plusieurs masters d'écriture à la fin de ma licence, celui de Toulouse, du Havre et de Paris, mais je n'ai été prise dans aucun des trois. La déception (et les remises en question) passée, je me suis tournée vers mon second choix d'orientation : l'édition.

 

Mon but était toujours de devenir écrivaine, mais pour compléter mes études je me suis dit que m'orienter vers les métiers du livre serait forcément pertinent. Bon, l'idée était bonne, le master... c'était pas le meilleur de l'Université Grenoble-Alpes disons. 

 

Enfin, j'ai tout de même appris pas mal de choses pendant ces deux années, j'ai rencontré de super personnes avec lesquelles j'ai partagé un tas de bons moments (et d'alcool, mais chut), vécu dans des appartements toujours plus exigus, j'ai fais deux stages qui m'ont emmenée à Paris et Chambéry (j'avoue, Paris ça m'a calmée ^^") et j'ai eu le temps de travailler sur des projets personnels... 

 

C'était indéniablement enrichissant... et je détiens à présent une maîtrise ! (qu'il faudra que j'aille récupérer un jour d'ailleurs)

Je suis écrivaine !

Voilà, ça y est ! *check à la collégienne que j'étais*

 

Depuis 2019, et la soutenance de mon mémoire en Juillet, je suis écrivaine. Il m'a fallu quelques mois pour arriver à le dire (et encore parfois je baisse les yeux), mais c'est ce que je suis à présent, puisque je consacre mon temps à l'écriture et tout ce qui va avec.

 

Divers projets ont occupés mes journées depuis. L'écriture de mon premier roman à destination d'une publication (qui en vérité est mon quatrième roman achevé depuis que j'écris), la participation à des appels à texte pour lesquels j'ai composé des nouvelles, et à présent l'élaboration de mon second roman... 

 

La vie suit son cours en somme, et je suis très heureuse d'en être arrivée là !